Quand j'étais petite, j'habitais dans une grande maison, avec un grand garage, et un grand jardin. J'avais même une balançoire super. Elle était à nous, elle était géniale. La maison de mon enfance. Et chaque année, à Noël, mes grands-parents ressortaient les quelques cartons pleins de décorations. On déballait tout avec mon ptit oncle chéri au beau milieu du salon, et en avant les folies ! De la bombe à neige sur les vitres, des boules et des guirlandes sur le sapin et un peu partout, la jolie crèche et ses santons... L'ambiance familiale de Noël au bon temps, à la belle époque. Quand on était plus heureux que malheureux, ou autant. La maison était toute belle et joyeuse, ainsi décorée. Je me sentais si bien, dans mon merveilleux cocon entouré des meilleures personnes qui existent au monde. Chaque jour du mois de décembre, avant le jour de Noël, les chocolat avaient déjà envahit nos bouches, on se régalait, on profitait, c'était bon. Et le grand jour, mon grand-père dépliait la table en grand, et ma grand-mère nous préparait un grand repas bourré de bonnes choses. Tous assis, à déguster tout ça, le sourire aux lèvres. Tout n'était pas rose bien sûr, il y avait toujours les problèmes de famille récurrents, mais ce jour-là, ils étaient exceptionnellement dissimulés sous de l'hypocrisie qu'à mon âge, j'avais encore la chance de ne pas déceler... Quel beau jour, quels souvenirs si doux j'en ai gardés. Si doux qu'ils me font mal au c½ur. Ils ne se reproduiront plus, c'est passé.
Aujourd'hui, des gens sont partis à jamais, certains sont ailleurs et d'autres ne viennent seulement plus. Il n'y a plus de Noël. A la maison, ma grand-mère prépare toujours un repas un peu plus original qu'à l'ordinaire, mais le c½ur lui n'y est plus, il y a comme un goût amer. Celui du passé, de la douleur, des choses manquées. Depuis tout ça, chaque année, Noël me fait chaud au c½ur mais me le glace également. J'en pleure en silence quand le jour arrive, et que moi, je ne suis plus assise à la même table que quand j'étais petite... Je ne suis plus avec eux, je suis ailleurs où Noël est encore un bonheur, par chance. "Vas-y, on ne fête plus Noël nous de toute façon, tu le sais bien." Alors la soirée passe, on rigole, on mange bien, c'est joli... mais intérieurement c'est comme une petite déchirure, un petit pincement qui fait frissonner.
J'ai eu de beaux Noël, en famille, moi aussi. Je me revois encore, en train de rire, toute petite, de courir à travers toute la maison... attendant impatiemment les cadeaux, et mon grand-père déguisé en père Noël, les bisous pris au vol, ma grand-mère qui m'attrape et me serre contre elle comme une petite poupée de chiffon... Tout un tourbillon d'images et de sons que j'espère ne jamais oublier, toujours me rappeler. Mon bout de vie le plus beau, le premier. Merci. <3
